Bertrand Tavernier à propos de quelques affiches de ses films

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1 juin 2013 par biblistudio

À cette occasion, nous avons pu l’interroger sur quelques unes de ses affiches. Nous vous proposons aujourd’hui de retrouver son interview retranscrite ci-dessous !

Quel rôle avez-vous dans la composition de vos affiches ?

– J’essaie toujours de dire mon opinion. On a à faire généralement à des agences qui sont souvent très talentueuses. Ce n’est pas le cas des premiers films. Mes premiers films, le producteur et le distributeur travaillaient avec un publicitaire qui était un intermédiaire qui lui-même avait déjà choisi un ou deux affichistes. À l’époque où je débutais, il y avait des gens comme Ferracci. C’est lui qui a lancé l’affiche basée sur des photos de l’acteur principal. Il m’a fait une très belle affiche pour Le Juge et l’assassin, il a fait L’Horloger de Saint-Paul. Il en a fait beaucoup…

Coup de torchon, c’est plus original. Il y a un dessin, il y a un mélange de photos, de dessins et, quand on regarde très attentivement, on voit qu’il y a une petite rivière et à côté – ça me fait mourir de rire à chaque fois ! –, à côté de la petite rivière, il y a trois éléphants qui ont été rajoutés par le distributeur. Il a demandé à Ferrachi de dessiner trois éléphants pour indiquer l’Afrique. Ils sont microscopiques et surtout, dans mon Afrique, on ne voit… dans Coup de Torchon, j’avais pris un soin maniaque à ne montrer aucun animal sauvage. On ne voit que des poules, des chiens, des chèvres, des moutons… des vautours, mais il n’y a pas d’animaux sauvages. Donc les trois petits éléphants et un fort avec un drapeau français qui n’existe pas non plus dans mon film et cette affiche, elle a connu des déclinaisons assez marrantes : les Américains avaient été un peu choqués parce que Philippe Noiret met sa main entre les cuisses d’Isabelle Huppert. Et donc, ils ont retiré la main. Sur l’affiche américaine qui est la même, la main est posée à côté, au prix d’un mouvement du corps qui n’est pas du tout logique et ils avaient rajouté – pas d’éléphant –, mais ils avaient rajouté des Noirs avec des sagaies !

Donc, pour cet illustrateur, ce n’est pas vous qui choisissiez, c’était les producteurs…

– Oui, mais en accord avec moi. Je m’entendais très très bien avec Ferrachi. J’ai toujours été en accord avec les gens qui faisaient le choix. Après je n’ai pas connu les dessinateurs. On passait par une agence, notamment quand c’était Laurent Pétin qui travaillait pour AMLF. Je ne sais pas quels sont les concepteurs de L 627 qui est peut-être la meilleure affiche que j’ai eu. Il a fait L 627, Laurent Pétin, Un dimanche à la campagne, mais je n’ai jamais rencontré les graphistes. Je n’ai rencontré que Laurent Pétin qui m’amenait les projets. Et je dois dire que j’avais des doute sur Un dimanche…, mais elle a marché mais j’ai adoré celle de L 627. Et il a fait aussi celle de La Passion Béatrice.

Et Savignac, qui l’a choisi ?

– C’est moi. À un moment, j’en ai eu marre car Ferracci avait fait tellement d’émules que toutes les affiches étaient des photos. Et j’ai eu envie, sur un film, de revenir au dessin, de revenir à toutes ces affiches,comme Le Journal d’un curé de campagne, qui étaient des dessins souvent merveilleux. Les Maudits, de René Clément. Enfin, il y a des affiches qui sont des œuvres d’art au point de vue dessin et je trouve qu’on devrait revenir à ça. Maintenant, il y a une banalité dans l’affiche de cinéma, une grande banalité dans beaucoup d’affiches et c’est la photo des stars. C’est uniquement ça et il n’y a pas de tentative de traduire le film par un dessin. On se dit que le public est incapable de déchiffrer un dessin. J’ai eu envie – j’avais une admiration immense pour Savignac – et donc, je l’ai fait travailler sur Des enfants gâtés, mais Gaumont, derrière, a refait une deuxième affiche où on voit Piccoli et Cristine Pascale qui est faite par Grelot, parce qu’ils trouvaient que mon affiche était trop intellectuelle.

Et c’est la même chose qui est arrivé pour Que la fête commenceparce qu’il y a deux versions ?

– Non, non, celle avec masques ou sans masque, mais c’est Landi qui a fait les deux. C’est une demande de Michel de Brocca, je crois, à un moment, ou du distr… pour qu’on voit qui jouait dans le film. Tout d’un coup, ils avaient eu peur de ça.

Et d’avoir eu Savignac, ce n’était pas évident, car il n’a fait que deux affiches de cinéma, je crois, BressonLe Diable probablement et Lancelot du lac et la vôtre, je n’en connais que trois…

– Oui, il avait été convaincu et nous avions eu un très très bon rapport avec Savignac et puis, sur les dernières, il y a eu un très bon travail, je pense, avec La Brume électrique avec les gens qui ont disparu, la maison de distribution qui étaient TFM. Ils avaient fait appel à des agences et je dois dire que j’ai beaucoup aimé. Je l’ai trouvée très très supérieure à l’affiche américaine. Vraiment, c’est une très très belle affiche. Voilà.

Merci beaucoup.

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