Rêves d’or : « D’une certaine façon, c’est un film de cowboys et d’Indiens »

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2 décembre 2013 par biblistudio

Le dialogue ci-dessous provient d’un article du journal Vocable Espagnol N°661 dec 2013. C’est un extrait d’une conversation entre la journaliste Tatiana Dilhat et Diego Quemada-Diez, réalisateur du film Rêves d’or (La jaula de oro). Notons que les cinémas Studio consacre une avant-première à ce film, parfaite illustration de la problématique Nord/Sud.

V.O. : Et comment s’est fait le « casting » des acteurs ?

D.Q.D. : Ce fut un long processus de plus de sept mois pendant lequel j’ai vu plus de 6000 enfants. Tous venaient des quartiers très pauvres du Guatemala ou du Mexique et tous sont des artistes de rue de hip hop, théâtre ou de graffiti. Lopez Brandon comme son personnage de Juan est de la Zone 3, une des plus dangereuses du Guatemala et Karen Martínez est de Ciudad Quetzal. Rodolfo Domínguez est des hauts du Chiapas. Nous leur demandions en général de danser avec la musique, pour voir la relation avec leurs corps, d’improviser ; nous leur demandions s’ils avaient envie d’aller aux USA. Brandon López qui incarne Juan, par exemple, souhaitait partir aux USA, devenir une vedette, être l’acteur principal du film. Lui était un leader.

Nous avons monté un atelier pour qu’ils s’habituent à la caméra et avons fait usage d’outils comme le yoga pour qu’ils se sentent à l’aise tels qu’en eux-mêmes, sans intention de se transformer en Brad Pitt. Nous travaillions beaucoup à soutenir le regard. Les personnages devaient vivre l’expérience en continu et le tournage c’est leur voyage à eux. Ils découvrirent l’histoire petit à petit. Ce fut une direction indirecte d’acteurs. Nous notions la transformation et provoquions leurs comportements. Et les dialogues changeaient tous les jours.

V.O. : Vous avez fait un seul voyage pour filmer tout le parcours de « La Bête » ?

D.Q.D. : Nous avons fait le trajet par petits bouts. Presque trois fois avant de filmer. Quand on filmait il y avait une unité qui rencontrait les migrants (ils avaient deux jours d’avance sur nous) parce que tous les gens que l’on voit dans le film sont des gens réels. Pendant le tournage il y avait une seconde unité qui filmait autre chose. Nous avions parfois deux caméras. Ce fut une recherche très laborieuse. J’ai étudié beaucoup de livres sur les chemins de fer. J’ai également voulu qu’il y ait un refuge comme ceux dont s’occupe le père Solalinde et qui apparaît dans le film.

V.O. : Le tournage fut dangereux ?

D.Q.D. : Il y a trois routes pour faire la traversée et nous avons tourné sur la route la plus sûre, c’est-à-dire celle qui va du Chiapas à Mexicali. C’était dangereux mais tu t’y prépares beaucoup. La zone 3 qui apparaît dans le film est une des zones les plus dangereuses. En peu de temps, six amis de Brandon (Juan) de la zone 3 ont trouvé la mort par balle. Nous avions l’aide et la protection des habitants.

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