Au nom du peuple italien

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28 janvier 2014 par biblistudio

2014 01 AU NOM DU PEUBLE1Au nom du peuple italien – Dino Risi – 1971
Séance : 3 février 2014 – 19h30

Dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat d’une jeune prostituée, un juge intègre et obsessionnel s’acharne sur un riche industriel véreux et cherche à lui faire endosser le crime coûte que coûte. Tourné en 1971, le film doit attendre 1975 pour sortir sur les écrans français. Tous les articles publiés à cette époque soulignent l’antagonisme manichéen des deux personnages centraux : le juge Bonifazi, interprété par U. Tognazzi « honnête et consciencieux, donc réputé peau de vache » (1) et l’industriel Santenocito interprété par V. Gassman « ordure vivante, pollueur national et nostalgique du fascisme » (1). Le long métrage est accueilli comme un film politique et comme une étude acerbe des mœurs de l’époque.

Bien que traitant d’un sujet grave, Risi a choisi d’y mêler le ton de la comédie. Les avis sur ce point de vue sont divisés. Le Canard enchaîné salue « un film ravageur et drôle » (2). Gérard Legrand dans Positif pense que « la dureté de ce film ne va jamais jusqu’à nous enlever l’envie de rire, mais qu’inversement le rire n’écarte jamais d’une satire lourde de significations : le chaos institutionnel débouche directement sur la folie. » (3) La revue du cinéma est plus réservée. « L’humour élève jusqu’à la caricature les personnages, les placent dans des situations absurdes, excessives. (…) On reconnaît bien là la manière de Dino Risi, son goût « bête et méchant », de la fable ironique, destructrice. » (4)

2014 01 AU NOM DU PEUBLE2Alors que les codes cinématographiques ont changé depuis sa sortie, le sujet abordé dans ce film se transpose assez facilement à l’Italie d’aujourd’hui dont le flot des affaires de corruption s’étale régulièrement dans la presse. Jean-Pierre Rauger, dans Le Monde.fr souligne que « le film de Risi témoigne d’une véritable prémonition. Placé, au terme du récit, devant un dilemme, le petit magistrat est confronté à la possibilité (ou la nécessité ? ) d’enfreindre la loi au nom d’un impératif moral plus vaste. Son geste annonce littéralement l’affirmation du pouvoir des juges qui, vingt ans plus tard, transformera la nature même de l’État italien. Prophétique. » Les Inrock vont même jusqu’à affirmer qu’avec ce film « le ton semble donné : d’un côté, il y a le bon justicier, et de l’autre, l’escro-type, issu du boom économique italien de l’après-guerre par des moyens pas toujours reluisants et dont l’héritier direct sera l’Homo berlusconus » ! (6)

L’ensemble des articles cités sont issus du fonds documentaire de la bibliothèque. Ils sont à votre disposition et vous pouvez venir les découvrir dans leur intégralité.

(1) Cinéma n° 196 – mars 1975
(2) Le canard enchaîné – février 1975
(3) Positif n° 163 – novembre 1974
(4) La revue du cinéma n°281 – février 1975
(5) Le Monde.fr – janvier 2013
(6) Les Inrock.fr – janvier 2013

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