Plein soleil

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13 mai 2014 par biblistudio

2014 05 PLEIN SOLEIL3Plein soleil – René Clément – 1959 Séance : 19 mai – 19h30

Tom est chargé par le père de Philippe, de le ramener aux États-Unis contre une prime de 5.000 dollars. Il va peu à peu s’immiscer dans sa vie et devenir son homme à tout faire. Lassé d’être méprisé par lui et avide de s’emparer de sa vie fastueuse et de sa fiancée, il ira jusqu’au meurtre. René Clément tire le scénario de son film d’un roman de Patricia Highsmith : L’Incroyable Monsieur Ripley.

Le travail de René Clément, comme celui de la plupart des réalisateurs de sa génération, est jugé comme dépassé et poussiéreux par les cinéastes de la Nouvelle Vague. Les neuf films qu’il a tournés avant Plein soleil lui ont permis de se faire un nom, de conquérir un public qui lui est fidèle. Mais pour beaucoup, il reste un cinéaste qui maîtrise la technique au détriment des sentiments et d’une certaine crédibilité dans les histoires qu’il filme. « C’est le premier film policier de l’auteur de Barrage sur le Pacifique et de Monsieur Ripois. Ce coup d’essai est-il un coup de maître ? Il semble que oui, encore que l’analyse psychologique – celle de Tom, surtout – paraisse manquer de profondeur, de mordant, de densité. » [1]
2014 05 PLEIN SOLEIL1Pour réaliser Plein soleil, René Clément s’entoure de nouveaux collaborateurs, dont certains ont déjà côtoyé Chabrol (Paul Gégaff, scénariste de Cousins) et Truffaut (Henri Decaë qui s’est occupé de la photo sur Les Quatre cents coups). Il déroute le public et les journalistes de la presse spécialisée en renouvelant sa façon de travailler. « Plein soleil (…) jette le trouble parmi les partisans de la récente Nouvelle Vague et les jeunes loups circonspects de l’exégèse décapante : article embarrassé dans Les Cahiers, silence prudent dans Positif. » relate Jean-Claude dans L’Avant-scène en 1981 [2]. En effet, sa façon de filmer une jeunesse désinvolte et décontractée dans la première partie de son film, n’est pas sans rappeler celle des nouveaux maîtres du jeu que sont alors Chabrol, Truffaut et Godard. Mais pour autant, il ne fait pas l’unanimité auprès d’eux et de leurs disciples. Bien qu’il débute son article dans les Cahiers du Cinéma par « Si j’aime Plein soleil, c’est probablement parce que le neuvième Clément est un film neuf, parce que je n’aime guère Clément ni ses premiers films. », Luc Millet distille ensuite ses critiques : « Clément est un créateur plus ou moins dénué de personnalité. Il est donc normal qu’il emprunte à tout le monde et soit le plus gros plagiaire de France (…) Clément a voulu se mettre à la page. Son film est très Nouvelle Vague, très snob. » [3]
2014 05 PLEIN SOLEIL2René Clément, influencé par la nouvelle vague ? Certainement. Mais son savoir-faire et sa grande maîtrise de la technique lui permettent de la surpasser et de livrer un film – en deux parties distinctes séparées par le premier meurtre – très abouti. C’est ce que souligne Michel Capdenac à sa sortie : « Ce film atteste un esprit, une sensibilité assez proche de ceux de la Nouvelle Vague mais la dépasse amplement dans sa peinture d’une certaine jeunesse. » [4]. S.L. partage cet avis, lors de la ressortie du film sur les écrans en 1968. « Avec Plein soleil, en dépit d’un sujet banal, il devait prouver que le cinéma n’est pas une question de génération et qu’un ancien peut aussi bien faire en matière de cinéma moderne qu’un nouveau venu. » [5]
Il est impossible de parler de Plein soleil sans évoquer Alain Delon, ses 23 ans, son indéniable beauté et son caractère pugnace. Pressenti pour le rôle de Philippe, il s’est opposé aux producteurs pour obtenir celui de Tom. Samuel Blumenfeld dira que « Plein soleil marque l’acte de naissance de la star Delon, fixant pour toujours l’identité trouble du comédien. » [6]
Destiné à mourir à l’écran des mains d’Alain Delon, Maurice Ronet connaitra une nouvelle fois ce triste destin dans La Piscine en 1969, puis dans Mort d’un pourri en 1977.

[1] Écrans de chez nous – 27 avril 1960
[2] L’Avant-scène n°261 – 1er février 1981
[3] Cahiers du cinéma n°107 – mai 1960
[4] Lettres Françaises – 17 avril 1960
[5] L’Humanité – 26 mars 1968
[6] Le Monde – 12 juillet 2013

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