Le Général Della Rovere

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22 janvier 2015 par biblistudio

2015 01 LE GENERAL DELLA ROVERELe Général Della Rovere – Roberto Rossellini – 1959
Séance : Lundi 26 janvier 2015 – 19h30

Librement inspiré d’une histoire vraie, le film se déroule à Gênes en 1944, pendant les heures sombres de la seconde guerre mondiale. Bertone escroque des familles en leur faisant miroiter la libération d’un membre de leur famille, promis aux camps. Démasqué par les nazis, il doit se faire passer pour le Général Della Rovere, chef de la résistance dont ils ne veulent pas ébruiter la mort. Sous cette identité, il doit obtenir des informations et dénoncer les résistants aux Allemands.

Couronné d’un Lion d’or au Festival de Venise, quelques mois avant sa sortie, la qualité du film est reconnue aussi bien par les critiques que par le public, qui ira, nombreux, le voir en salle. On reprochait à Rossellini de s’être éloigné de ce public avec un cinéma trop personnel, on salue ici son retour avec un film dont la construction plus classique le rend accessible au plus grand nombre. Quelques voix s’élèvent quand même et regrettent ce changement de ton. « Enthousiaste est celui qui n’a pas vu les dix films précédents, rosse est l’initié. Le Général Della Rovere est une introduction à l’œuvre de Rossellini plus qu’il n’en fait partie intégrante. C’est du Rossellini dilué et arrangé pour enfants des écoles » [1] déplore Luc Moullet dans les Cahiers du Cinéma.

2015 01 LE GENERAL DELLA ROVERE2Le sujet du film n’est pas facile : faire d’un traître une personne héroïque, demander aux spectateurs d’avoir de la compassion pour un homme qu’ils auront probablement haï au début du film. Ils y sont aidés par la prestation de Vittorio de Sica, qui livre un personnage tout en nuance, plus complexe qu’il n’apparaît au premier abord. « Elégant et désinvolte dans la première partie (…), il se révèle, à la fin du film, profondément émouvant, exprimant avec sobriété l’étonnante évolution de son personnage, établissant une composition qui l’égale aux plus grands » [2] analyse G. Charensol dans les Nouvelles Littéraires.

Les opinions positives sont nombreuses. Jean de Baroncelli s’enthousiasme sans retenue. « L’œuvre de Rossellini vaut par la noblesse de son thème et la qualité de sa réalisation » [3]. « Un grand nombre de scènes pourraient être citées pour leur justesse de ton, la force de leur contenu dramatique, leur puissance émotionnelle. » [4] renchérit S.B. dans les fiches d’appréciation morale de la C.C.R.T.

2015 01 LE GENERAL DELLA ROVERE3L’ensemble de ces louages est parfois modéré par deux réserves. D’abord la construction bancale du film dont la première partie est trop longue, trop nourrie de détails inutiles à l’intrigue de la seconde partie. Ensuite le manque de réalisme de la transformation psychologique de Bertone. Indifférent aux autres et à leur détresse, il finit par faire passer la cause des résistants avant sa propre vie. Pour certains, les raisons de cette mutation n’apparaissent pas assez clairement alors que René Gilson l’accepte et l’explique. « On reproche à ce film de ne pas nous faire pénétrer dans l’évolution psychologique du personnage, de ne saisir celui-ci que de l’extérieur (…) C’est qu’il n’y a guère pour moi, d’évolution psychologique véritable ici. Ce personnage faible et veule a changé de rôle (…) Bertone n’a pas choisi son dernier rôle mais il le joue avec entière conviction » [5].

Les années n’ont pas terni les qualités du film. En 2011, Christian Viviani déclare « Si le film est si précieux, c’est vraiment pour la rencontre de la mise en scène minimaliste de Rossellini avec l’interprétation brûlante, parfois grandiose, de Vittorio de Sica. » [6].

L’ensemble des articles cités sont issus du fonds documentaire de la bibliothèque. Ils sont à votre disposition et vous pouvez venir les découvrir dans leur intégralité.

[1] Cahiers du cinéma – n°102, décembre 1959
[2] Nouvelles littéraires – novembre 1959
[3] Le Monde – 1959
[4] Fiche Appréciation morale de la C.C.R.T. – 1959
[5] Cinéma n°42 – janvier 1960
[6] Positif n°600 – février 2011

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