suite à la rencontre du 11/12/2015 avec Frank Lafond

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13 janvier 2016 par biblistudio

Au cours de cette soirée, Frank Lafond, auteur du livre Jacques Tourneur, les figures de la peur (2007), nous présente ce réalisateur français (1904-1977) qui a fait l’essentiel de sa carrière à Hollywood. Il choisit de nous faire découvrir trois films à petit budget : La Féline (1942), Vaudou et L’Homme-léopard (1943) produits par RKO.

Dans les années 40, Universal Studios se lancent dans les films fantastiques avec pour personnages des monstres tels Dracula, Frankenstein, le loup-garou. Ils sont ancrés dans un ailleurs géographique (Europe centrale, Égypte…), les décors sont gothiques (cimetières, châteaux en ruine…) et les monstres sont omniprésents à l’écran.

Jacques Tourneur est lui dans une démarche complètement inverse : si le thème principal de ses films est aussi la peur sous toutes ses formes, il refuse de donner à voir ce qui fait peur, c’est un maître de la suggestion.
Alors que montrer ? L’obscurité, les déplacements flous, les ellipses visuelles et narratives sont les éléments de sa mise en scène. L’horreur s’insinue dans l’esprit du spectateur. La menace n’a pas de forme précise, la peur naît de l’angoisse et du doute.
F. Lafond illustre son propos avec des extraits de films. Dans L’Homme-léopard, le regard de l’acteur annule le hors-champ et c’est le suspense et la menace qui sont montrés et pas le meurtre, ce qui crée une double frustration : moins on voit plus on en a envie de voir et plus on est dans l’impuissance de venir en aide au personnage.
Dans La Féline, le décor est banal mais le spectateur est intégré dans le film, impliqué dans l’action par la proximité de la menace, par la fusion de l’espace du cadre et de celui de la salle. Le son est un élément anxiogène notamment dans la célèbre scène de la piscine : réverbération, résonance, basses fréquences sont utilisés pour supprimer l’effet de distanciation.Jacques Tourneur est le premier à avoir utilisé « l’effet-choc » : un événement soudain qui empêche toute réflexion critique (par ex. l’arrivée inattendue d’un autobus).

On ne peut pas reprocher au cinéma de Jacques Tourneur d’être seulement intellectuel par opposition aux films de monstres avec effets spéciaux. Certes il oblige le spectateur désorienté à réfléchir, mais celui-ci ressent physiquement les effets des images et du son. Les films de Jacques Tourneur gardent donc un réel pouvoir de suggestion et n’ont rien perdu de leur modernité.

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