butiné dans nos rayonnages : La quête anthropologique de Werner Herzog

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19 février 2016 par biblistudio

WernerHerzogPar-delà le septième art, un de nos livres devrait attirer l’attention des lecteurs enclins à s’interroger sur le devenir des civilisations et en particulier sur celui de la plus hégémonique d’entre toutes, appelée occidentale mais qu’on pourrait de nos jours qualifier de globale.

L’ouvrage s’intitule La quête anthropologique de Werner Herzog – Documentaires et fictions en regard de Valérie Carré, spécialiste du cinéma allemand et enseignante à l’Université de Strasbourg. C’est une thèse d’état donc un texte parfois ardu, avec une argumentation complexe, subtile, très fouillée et néanmoins le livre est facile à lire. Point n’est besoin de connaître les films ou de se remémorer les scènes ou les personnages qu’évoquent Valérie Carré pour suivre sa émonstration. Une lecture légère, même partielle est enrichissante et fait apparaître qu’un des thèmes récurrents du cinéma d’Herzog est le principe de domination inhérent à la civilisation européenne. On le retrouve dans certaines de ses fictions mais plus encore dans ses documentaires peu diffusés en France.
Certes le cinéma d’Herzog présente bien d’autres aspects tel le mysticisme décrit par Radu Gabrea dans Werner Herzog et la mystique rhénane. Dans son livre intitulé Werner Herzog, Emmanuel Carrère déclare que l’oeuvre d’Herzog « se meut dans un anachronisme total, étrangère à son temps et peut-être au Temps ».
Tout au long de sa carrière, Herzog s’est intéressé aux civilisations extra-européennes, en relation avec les Occidentaux (tribus indiennes, Aborigènes, sociétés africaines). Il a décrit leurs croyances, leurs rituels mais la subtilité d’Herzog serait, selon l’auteur, d’avoir « « étrangéisé » la civilisation occidentale. Plutôt que de faire apparaître
cette dernière comme la norme, Herzog essaie de mettre en évidence ce qui dans ses comportements peut apparaître insolite. »
L’auteure souligne la modernité des propos d’Herzog qui, deux décennies avant les préoccupations écologiques actuelles, émet l’hypothèse que notre civilisation est une impasse pour l’humanité ; à moins d’une inflexion drastique elle nous conduit à une catastrophe humaine et écologique. L’irréductibilité des différences entre ces sociétés
vieilles de plus de 10000 ans et la nôtre, on la retrouve magnifiquement mise en scène dans le très beau film du Colombien Ciro Guerra, L’Étreinte du serpent récemment
projeté aux cinémas Studio. La quête anthropologique se poursuit…

Si vous souhaitez consulter ou emprunter ce livre, vous le trouverez à la cote 791.434.1 HER

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