rencontre avec Cédric Anger du 19/11/2016 : compte rendu

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1 décembre 2016 par biblistudio

anger« Écrire pour soi, écrire pour les autres », tel était le thème de la dernière rencontre à laquelle nous conviait la bibliothèque des Studio, le 18 novembre dernier.
Vous l’avez compris, il s’agissait d’aborder le travail du scénariste et pour ce faire Cédric Anger, lui-même scénariste et réalisateur, est venu nous parler de son expérience, brossant ainsi le portrait tout en nuances et contradictions du métier qu’il exerce depuis une quinzaine d’années.

Il a toujours voulu faire des films. Il commence par rédiger une fanzine au lycée et sur les conseils de Jean Douchet « monte à Paris » après le bac. Il entre aux Cahiers du cinéma, voit 4 ou 5 films par jour et interviewe de nombreux metteurs en scène.

Sa rencontre avec Xavier Beauvois est pour lui décisive. Il rédige alors son premier scénario pour le film Selon Matthieu en 1998. À l’époque, 60 pages suffisent pour trouver le financement d’un film, les 50 dernières pages pouvant être écrites au jour le jour sur les lieux de tournage. En 2004, il écrit pour X. Beauvois le scénario du Petit lieutenant, vivant pendant 6 mois le quotidien de la police, le réalisateur souhaitant connaître tout du sujet avant de se lancer.

En 2002, sa coopération avec Werner Schroeter sur le film Deux lui apprend à travailler différemment : pas de scénario écrit à l’avance, liberté d’invention au jour le jour.
Avec André Téchiné, pour lequel il écrit les scénarios de L’Homme qu’on aimait trop  et de Nos années folles (sortie 2017), le souci de l’efficacité est primordial. Le scénario est écrit en 3 mois, des fiches sont rédigées sur les personnages, l’unité du film est très importante. Le travail se fait en étroite collaboration avec le metteur en scène.
« Il n’y a pas de recette » dit C. Anger. Le réalisateur fait toujours un film autobiographique. Le scénariste doit se couler dans l’imaginaire du réalisateur. Certes il peut donner son avis mais il doit écrire toutes les scènes, même celles pour lesquelles il n’est pas d’accord.
Souvent le scénario doit retracer un souvenir, une impression plutôt qu’être d’un réalisme décoratif. Selon la personnalité du réalisateur, le scénario sera fixé d’avance ou bougera tout le temps du tournage, le scénariste devant s’adapter. C’est pourquoi le travail est plus intéressant si l’entente avec le réalisateur est une réelle connivence.

C. Anger réalise lui-même 3 longs métrages. Pour lui on peut faire un film pour le sujet, l’histoire, les personnages ou bien 4 ou 5 scènes-clés imaginées par le réalisateur. Il nous dit aimer les moments d’errance qui ne servent pas forcément l’intrigue. Quand on est à la fois scénariste et réalisateur, la collaboration avec le producteur est importante.
Son dernier film, La Prochaine fois je viserai le coeur (2014) est projeté en salle et fait l’objet de commentaires intéressants du réalisateur. Le choix des séquences y est guidé par un personnage de serial killer/gendarme. Ce fait divers réel n’a pas été choisi par hasard mais permet à C. Anger de faire le portrait d’un personnage (remarquablement interprété par Guillaume Canet) qu’on ne connaît pas plus à la fin du film qu’au début, même moins. Une gageure.

Passionnante soirée qui nous a fait entrer dans les arcanes des films grâce au témoignage d’un acteur-clé du cinéma.
cedricanger

prochaine-fois-je-viserai-le-coeur

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