rencontre avec Pascal-Alex Vincent du 13/01/2017 : compte rendu

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11 février 2017 par biblistudio

pa-vincentLe 13 janvier dernier, la bibliothèque accueillait Pascal-Alex Vincent, auteur du Coffret l’Âge d’Or du cinéma japonais – 1935-1975. Enseignant à Paris 3, réalisateur de plusieurs films, PA Vincent a été distributeur de films pendant 12 ans, surtout de films japonais et a ainsi permis, de 1991 à 2002, la diffusion de 150 classiques.

Alors qu’à ses débuts (1895), le cinéma français propose à 95 % des adaptations d’ œuvres littéraires, le cinéma américain des films de grands espaces, de conquêtes, de frontières, le cinéma japonais lui,est issu du théâtre. Son objectif est alors d’éviter aux troupes de théâtre des déplacements difficiles dans ce pays très montagneux.

Tout de suite, de grands studios (Nikkatsu, Shochiku, Daiei, Toei) envisagent le cinéma comme une industrie avec une production à la chaîne (300 à 500 films par an à partir des années 1920) destinée à gagner de l’argent. Seuls 10 % des films réalisés avant 1946 ont survécu.

De 1946 à 1952, les USA contrôlent toute l’industrie japonaise y compris le cinéma et souhaitent rebâtir les salles détruites par la guerre pour projeter des films américains. Ils influencent la production japonaise en encourageant le développement des rôles de femmes et en interdisant les films de samouraï. Ils autorisent l’exportation des films.

Le 1er film représentant le Japon au Festival de Venise en 1951 rafle le Lion d’Or et un Oscar à Hollywood. Il s’agit de Rashômon d’Hakira Kurosawa. À partir de 1952, Le Festival de Cannes montrera 3 films japonais par an. PA Vincent illustre son propos d’extraits de films très connus au Japon :
Carmen revient au pays de Kiesuke Kinoshita (1951), comédie musicale qui illustre l’âge d’or des années 50 (production de 600 films en 1968),
Bonjour d’Yasujiro Ozu (1959) où le réalisateur affirme un style très original : élimination des mouvements de caméra, champ/contrechamp, tournage dans des décors construits en studio et caméra au ras du tatami pour peindre son thème favori : l’évolution des moeurs et les générations successives dans la famille.

Au début des années 60, le système des grands studios vacille, ils ne sont plus en phase avec la jeunesse qui préfère d’autres divertissements (voyages, scooter, discothèque…). Une nouvelle vague apparaît : Oshima, Yoshida, Imamura, jeunes réalisateurs qui font un cinéma différent, plus politique, plus sexuel, plus contestataire. En salle, PA Vincent nous invite à voir Yojimbo d’Akira Kurosawa (1961). Ce film, où tous les rôles sont tenus par des stars japonaises (dont l’incontournable Toshiro Mifune), a renfloué les caisses du studio Toho en déclin dans les années 60. Yojimbo est un film sacrilège où le samouraï n’est plus vertueux mais scandaleux. Après lui, le cinéma de samouraï va s’éteindre. On peut dire qu’avec ce genre de film ironique (Yojimo et sa suite SanjuroLes Sept Samouraïs, Godzilla), les Japonais sont les précurseurs du « western spaghetti ».
Le Coffret l’Âge d’or du cinéma japonais est consultable en bibliothèque.

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