du nouveau dans nos rayonnages : Serge Daney, esprit iconoclaste

Poster un commentaire

19 avril 2017 par biblistudio

Serge Daney est mort du sida le 12 juin 1992. Gilles Deleuze le tenait pour un philosophe, Régis Debray pour « un grand penseur de ce temps » et Marguerite Duras le considérait comme un écrivain.

Critique de cinéma, né en 1944 l’année de Rome, ville ouverte, rédacteur en chef des Cahiers du cinéma de 1974 à 1981 avant de rejoindre Libération, inlassable globe-trotter de la cinéphilie, il a fait connaître nombre d’auteurs importants (Godard, Rivette, Straub, Rohmer, Truffaut, Demy, Resnais, Rouch, Franju, Garrel mais aussi Kramer, Syberberg, de Oliveira, Chahine, Ruiz, Kurosawa, Wenders, Schroeder…) en même temps qu’il développait une réflexion critique inspirée d’André Bazin et de Roland Barthes.

Ce regard et cet esprit exercés par la vision et l’analyse des films, Daney les a utilisés pour observer les ressorts et les mouvements du monde, en particulier dans ses rapports, de plus en plus étroits et complexes, avec les images.
Le troisième volume de La Maison cinéma et le monde, édité par P.O.L., poursuit la publication des textes de Serge Daney non recueillis de son vivant et parus, pour l’essentiel, dans le journal Libération, au moment où il devient l’un des responsables du service culture et de la page Rebonds du quotidien. Il continue d’écrire sur les films qui sortent en salle chaque semaine mais revisite aussi ceux, plus classiques, qu’il passe au crible de la télévision dans sa chronique des Fantômes du permanent. Il persévère dans ses voyages et son travail occasionnel de grand reporter mais s’engage plus encore dans le décryptage de l’information, de la publicité et des médias.

Par ailleurs, le quatrième et dernier volume intitulé Le moment Trafic 1991-1992, du nom de la revue qu’il a fondée avec Jean-Claude Biette en décembre 1991 est passionnant. C’est le moment où, en toute conscience et pressé par le compte à rebours de sa propre vie, Serge Daney fait le point sur son existence de ciné-fils et de passeur dans les entretiens approfondis qu’il accorde alors à Art press, à Esprit, aux Inrockuptibles, au Monde ou à 24 images et qui constituent les compléments indispensables à ceux de Persévérance ou d’Itinéraire d’un ciné-fils.

Esprit iconoclaste et incontournable de la critique française, Daney reste, près de 25 ans après sa disparition, un symbole fort pour les jeunes générations qui voient en lui une formidable source de réflexion pour appréhender les images et la mise en scène. Relire Daney aujourd’hui permet de s’apercevoir à quel point sa pensée résonne avec notre contemporain.

La Maison cinéma et le monde est disponible à la bibliothèque à la cote 791.43 DAN

Publicités

commenter !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

la bibliothèque

contact presse :

biblistudio [at] gmail.com

entrez votre adresse mail ci-dessous :

Priceminister

Priceminister Bibliothèque
%d blogueurs aiment cette page :