Dans nos rayonnages : Christianisme et cinéma

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7 juin 2017 par biblistudio

Si on enquête sur les liens de la religion et du cinéma tels que décrits dans les livres de notre bibliothèque, on ne trouve que quelques mots-clés : sacré, Christ, spiritualité, passion. Pas de traces de la troisième religion monothéiste (Islam), la part belle étant réservée à la deuxième religion du Livre. Rien sur le bouddhisme, l’hindouisme, le confucianisme…
L’ouverture au spirituel se décline à l’occidentale dans nos rayonnages. Mais est-ce un phénomène spécifique à notre bibliothèque ?
Le christianisme est la religion qui a les relations les plus intimes avec l’invention des frères Lumière.
Le livre Christianisme et cinéma les analyse de manière approfondie et éclairante ; son auteur nous rappelle que le Dieu judéo-chrétien a de tous temps inspiré les cinéastes mais que le cinéma « n’a fait que suivre – inconsciemment – les schémas réducteurs des Pères de l’Église qui scrutaient à la loupe l’Ancien Testament pour y découvrir les annonces du nouveau ».

Jésus, comme personnage historique, rivalise avec Napoléon et Jeanne quant au nombre de ses « apparitions » sur les écrans de cinéma, presque une centaine depuis La Vie et la Passion du Christ (1898) jusqu’à La Résurrection du Christ (2016) de Kevin Reynolds. Tantôt il est un personnage halluciné (Le Golgotha de Duvivier), tantôt un révolutionnaire exalté, vindicatif, en lutte contre la société des Pharisiens et des nantis (L’Évangile selon St-Matthieu), parfois un être de douceur et de bonté (Le Messie de Rossellini).
L’auteur analyse comment certains réalisateurs-créateurs ont fait preuve de spiritualité, voir de mysticisme (Dreyer, Bergman, Bresson, Godard, Pialat). Il montre que, dans un mouvement inverse, ont fleuri les films blasphématoires, iconoclastes. Le cinéaste phare de cette tendance est sans conteste Buñuel, lui qui se déclarait « athée grâce à Dieu » et dont l’œuvre est imprégnée de son rejet du catholicisme alors même qu’elle abonde de références et d’allusions à la religion de son enfance.

Entre ces formes extrêmes de transcendance ou de rejet du cléricalisme, le livre n’oublie pas d’étudier l’ironie, l’humour ravageur dont ont fait preuve nombre de réalisateurs afin d’échapper aux foudres de la censure des commissions de surveillance, voir à l’auto-censure. On pense à Habemus papam de Nani Moretti, fable malicieuse et satire savoureuse qui aborde le thème religieux de manière drolatique.

En ce début du XXI° siècle, il semble que le cinéma, né « judéo-chrétien » s’est pour de bon émancipé de ce déterminisme occidental sous la montée en puissance des créations issues d’autres cultures. Donc on peut penser que les analyses cinématographiques vont se diversifier…

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