l’affiche de janvier 2018 : Et pour quelques dollars de plus

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10 janvier 2018 par biblistudio

Il est étonnant de voir le peu d’enthousiasme qu’a suscité ce film à sa sortie en 1965, alors qu’à la simple évocation de son titre, une petite musique signée Morricone vient titiller la mémoire, que l’on soit ou pas amateur de western. À l’époque, quelques courtes critiques fleurissent dans la presse, dont aucune n’engage à aller voir le film. Le reproche – unanime – qui est fait au film, c’est de surfer sur le succès de Pour une poignée de dollars, sans apporter quoi que ce soit de nouveau.
Henry Chapier écrit, dans Combat [1] « Amateur passionné, Leone est aussi un metteur en scène esthète et plutôt efficace : à preuve la manière dont il a mené Pour une poignée de dollars tambour battant. Mais pour divertissant que fût ce western pour les grands connaisseurs du genre, il était évident que cette réussite artisanale ne saurait se produire deux fois, le moment de surprise passé… »
Les fiche appréciation morale de la C.C.R.T. commentent [2] « Le titre à peine modifié, Sergio Leone a voulu reprendre son Pour une poignée de dollars qui signala le western italien comme genre reconnu. Ici on sent l’essoufflement. » La sentence de la fiche est sans appel : la cruauté des personnes en fait une film interdit aux moins de 18 ans.
Pourtant, cette presse boudeuse n’a pas empêché le succès populaire du film.
En 1988, lors d’une rediffusion TV, l’approche est déjà moins féroce. La critique publiée dans Cinéma [3] rappelle que le genre western italien a souri à maintes reprises à Sergio Leone. Mais loin de le porter aux nus, le texte s’achève avec un « À voir surtout pour les interprètes qui lui confèrent un deuxième degré plutôt savoureux, entre autres Lee Van Cleef, Clint Eastwood et Gian-Maria Volonte. »
L’article paru dans Les Inrockuptibles en 2001 [4] fait mentir le proverbe : la valeur n’attend pas le nombre des années. Les critiques de 1966 faisaient passer Et pour quelques dollars de plus pour une pâle copie du premier succès de Leone, dont le style allait s’épuiser rapidement. Olivier Père souligne plutôt que « Chaque nouveau film de Leone, construit sur le précédent, gagne en profondeur. » Il ajoute même que ce film constitue la véritable fondation de l’édifice leonien.
Seul, ce film n’aurait probablement pas traversé les décennies. Mais porté par la filmographie de son réalisateur, riche en succès, il apparaît aujourd’hui comme la pierre d’un édifice dont les fondations italiennes sont solidement ancrées dans la mémoire collective du cinéma.

[1] Combat | 04.10.1966
[2] C.C.R.T. n° 343
[3] Cinéma n° 424 | 01.1988 [4] Les Inrockuptibles | 03.09.2001
(documents disponibles à la bibliothèque)
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