dans nos rayonnages : Le temps dans le cinéma documentaire

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27 février 2018 par biblistudio

L’ADOCC, association des cinéastes documentaires a mené pendant 4 ans un cycle de projections et de débats publics sur la question du temps dans le cinéma documentaire. La plupart des films étaient accompagnés par leur réalisateur, certains connus tels A. Cavalier, E. Carrère, F. Mitterrand, d’autres moins. Le livre Le temps dans le cinéma documentaire est une synthèse de ce travail. Sachant que le documentaire est à mi-chemin entre le reportage et le film de fiction qui raconte une histoire, qu’est-ce que le temps dans ce genre intermédiaire ? Comment l’auteur rend-il compte du temps au cours duquel il a filmé, c’est à dire quelle forme donne-t-il à son
récit ?

Le temps est un allié précieux du créateur du document, il n’est pas contraignant, un des films projeté s’étale sur 17 ans. Le cinéma du réel n’est pas dépendant de la machine économique comme le cinéma de fiction. Il n’est pas mis en danger par les plannings des décors, des équipes et des comédiens. Souvent un film documentaire, à partir d’une idée initiale demande un temps de maturation. C’est le « temps de l’appel » quand naît le désir de film. Puis vient le temps de la réalisation avec des temps qui durent, s’installent. L’auteur capture, fabrique et restitue un temps qui est celui du quotidien des personnages.
De ces débats se dégage l’idée que le documentaire qui ne cherche pas à réinventer le monde, sinon ce serait de la fiction, a un rapport au temps qui s’oppose à la rapidité et à l’urgence qui prédomine de nos jours. Pour Tarkovski « l’image cinématographique est
donc l’observation des faits dans le temps, agencés selon les formes de la vie même, selon ses lois temporelles ».
En travaillant la question du temps, on entre parfois dans une sorte de profondeur – l’éternité réside dans le « ici et maintenant » – le présent se divise indéfiniment, sans extension car pris entre le passé et le futur.
Loin de la platitude temporelle du reportage, les figures du temps sont multiples : déroulement linéaire ou fragmentaire, parfois cyclique avec les saisons, temps personnel mais aussi temps de l’histoire avec un grand ‘H’. Certains auteurs parlent de « couches narratives », mais d’autres considèrent que l’objet temps n’est pas à la portée des cinéastes.
En refermant ce livre qui décortique le temps dans ces 40 films documentaires extrêmement divers, on comprend mieux la spécificité du documentaire, cinéma qui « accompagne la vie ». C’est lui qui fait le meilleur usage de la magie du temps au cinéma : il donne son ossature aux documentaires, loin des formes de media se réclamant de l’actualité, de l’instantané, du « direct » au sens télévisuel du terme.

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