Les Diaboliques

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16 mai 2018 par biblistudio

film français – Henri-Georges Clouzeau – 1954
Séance : lundi 21 mai 2018 – 19h30 – partenariat Cinémathèque.

Un homme odieux se fait assassiner par sa femme et sa maîtresse. Son corps disparaît, mettant à dure épreuve les nerfs des deux femmes.
Henri-Georges Clouzot a habitué son public à une certaine noirceur. Pourtant le suspens qu’il met en place dans ce film est supérieur à celui de ses précédents succès : Le Corbeau, L’Assassin habite au 21 ou Le Salaire de la peur. En interdisant l’entrée des salles de cinéma une fois la projection lancée et demandant aux spectateurs – par le biais d’un carton à la fin du film – de ne pas en révéler le dénouement, il attise la curiosité. Le film rencontre un gros succès public bien que la critique soit plutôt dubitative devant cet engouement. Elle reproche au réalisateur une noirceur excessive, une intrigue tirée par les cheveux et une histoire sans intérêt.

Les diaboliques, affiche

Les Fiches du Cinéma déconseillent fortement le film : « La cote la plus grave n’a été évitée qu’en raison du genre « policier » de l’oeuvre, et parce qu’on y croit plus guère après qu’on l’a vue. » [1]
Dans la même veine, Gilbert Salachas, énumère les invraisemblances du scénario, les trop grosses ficelles du suspens et conclut par « On peut s’étonner d’ailleurs, et s’inquiéter, de l’aberration quasi-collective des journalistes et critiques en général mieux inspirés qui sont parvenus à gonfler une oeuvre aussi désespérément vide. » [2] Morvan-Lebesque quant à lui s’insurge contre ceux qui crient au chef d’oeuvre et comparent le réalisateur à Balzac. « Chef d’oeuvre cela ? […] Quel mot faudra-t-il inventer pour Shakespeare, pour Molière, pour Dostoïevsky ? » [3]
Quant à Roger Fressor, il reproche à HG Clouzot d’avoir privilégié le style au détriment de l’histoire. « Les personnages […] sont des marionnettes dont la noirceur est beaucoup trop perfectionnée, beaucoup trop mathématique pour être humaine. » [4]

Où est donc l’engouement de la presse que dénonce Gilbert Salachas ? En tout cas, pas dans les archives de la bibliothèque. Nous trouvons quand même le papier de Georges Sadoul, plus clément. Bien qu’il ne considère pas « la série noire » comme un genre majeur du cinéma, il souligne les qualités du scénario et le savoir-faire du réalisateur, qu’il place bien au-dessus de celui d’Hitchcok. « Il [le public] ne pourra nier ni le parfait savoir-faire de la réalisation, ni çà et là, son noir « humour ». » [5]
Les critiques assassines auraient pu anéantir le succès de ce film. Il n’en est rien ! Les multi diffusions à la télévision et l’inutile remake hollywoodien de 1996 montrent qu’il a, non seulement rencontré son public à sa sortie, mais qu’il a su traverser le temps. La machiavélique machination mise en place par le réalisateur peut encore faire son effet.

Les articles cités sont disponibles dans le dossier du film, en bibliothèque : [1] Les fiches du cinéma – 2031-3-55 – mars 1955 | [2] Téléciné – n° 237 – 1955 | [3] Climat 02 1955 | [4] Témoignage chrétien – 25-02-55 | [5] Les lettres françaises 3-2-55

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