rencontre avec Lam Lê du 25/05/2018 : compte rendu

Poster un commentaire

21 juin 2018 par biblistudio

Lors de la dernière rencontre de la saison à la bibliothèque, nous avons eu le privilège de nous faire expliquer le storyboard par celui qui a introduit cette technique en France dans les années 80 : Lam Lê, réalisateur et scénariste. Sa formation en mathématiques et aux beaux-arts lui donne une vision à la fois technique et artistique du cinéma, très complémentaires dans ce travail en amont d’un film. Le storyboard est comme une bande dessinée qui découpe le film scène par scène pour en préparer le tournage, Il permet de définir les séquences à filmer et leur mise en scène, d’organiser le travail des chefs d’équipe (son, lumière), de prévoir la construction et l’emplacement des décors, le positionnement des acteurs, les mouvements de caméra… Lang, Welles, Hitchcock, Ray s’appuyaient déjà sur cette technique pour préparer leurs tournages.
Le « storyboarder » n’est pas un simple dessinateur, c’est un vrai collaborateur qui fait des propositions au réalisateur et définit un style. Pour Garde à vue (Claude Miller, 1981) ses idées ont modifiées l’approche du film, « Je m’ennuyais en travaillant sur le storyboard. Si je m’ennuie, il en sera de même pour le spectateur. » nous raconte-t-il. C’est pourquoi il a ouvert ce film, écrit à l’origine comme un huis clos, en créant un commissariat complet avec ses va-et-vient, en mettant des fenêtres pour voir les lumières de la ville en arrière-plan… Il nous montre les planches qu’il a dessinées pour ce film ainsi que celles de son propre film Poussière d’empire (1983). Le travail de Lam Lê est de grande qualité picturale, chaque dessin est en lui-même une création artistique. Nous découvrons que sans son intervention Microcosmos (documentaire animalier, 1996) n’aurait jamais vu le jour. La succession des scènes ne permet pas de raconter une histoire et Jacques Perrin, producteur du projet, fait appel à Lam Lê pour sauver le film. Il va réorganiser les séquences déjà tournées et par le biais de son travail mettre en lumière celles qui manquent à la cohérence du sujet. Elles seront réalisées selon ses directives et le film rencontrera le succès qu’on lui connaît.
Si le storyboard n’est pas utile à tous les films (pour certains réalisateurs il y a une grande part d’improvisation sur le plateau), il permet toutefois d’organiser son tournage en gagnant du temps car un plateau de tournage est un vaste champ de bataille bien plus facile à gérer si l’on sait à l’avance qui fera quoi.
Il permet également à l’équipe du film de rencontrer les producteurs avec un projet abouti et concret pour obtenir des financements. Envie d’en savoir plus ? Plusieurs ouvrages sont à votre disposition à la bibliothèque pour prolonger votre intérêt sur le sujet.

Publicités

commenter !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

la bibliothèque

contact presse :

biblistudio [at] gmail.com

entrez votre adresse mail ci-dessous :

Priceminister

Priceminister Bibliothèque
%d blogueurs aiment cette page :