Dans nos rayonnages : documentaires

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4 octobre 2018 par biblistudio

20 ans images documentaires
Peut-être avez-vous pu voir aux Studio récemment De chaque instant ou L’Intelligence des arbres en début d’année ou Carré 35 ou Visages, villages  fin 2017.
Ce sont des films documentaires et vous y avez pris plaisir, vous avez été tenus en haleine, vous avez ressenti des émotions comme pour tous les films que vous allez voir dans une salle de cinéma.
Alors qu’elle est leur spécificité, qu’est ce qui les différencie des films de fiction ?
Tenter de définir le cinéma documentaire est une gageure. Le Petit Robert dit : « film didactique présentant des documents authentiques non élaborés pour l’occasion ». Le Larousse : «  genre cinématographique ou télévisuel caractérisé par l’exposition de situations réelles ». On pourrait dire aussi film qui montre une réalité qui existait avant le tournage et existera après.
Il y a tellement de sortes de documentaires (film ethnographique, film humaniste ou de société, film de voyage, document de propagande, essai, film biographique, reportage où la notion d’actualité, d’événement est présente, film pédagogique ne cherchant pas à distraire mais à éduquer…) que l’on ne peut pas parler d’un genre comme on le dit du western ou de la comédie.
Ils peuvent être vus par de nombreux canaux de distribution : télévision (Arte, chaînes câblées spécialisées, Netflix), salle de cinéma, Internet, réseaux sociaux et téléphone mobile.
Chroniques du Monde occidentalOn se rend bien compte que ces définitions sont trop simples ou trop générales et ne permettent pas de faire le tour de la question. Car on ne peut réduire un film documentaire à son seul sujet. Et Nicolas Philibert, le réalisateur d’Être et avoir, Nénette ou La Maison de la Radio et récemment de De chaque instant (une vingtaine de films documentaires à son palmarès) le dit bien : « J’essaie moins de faire des films « sur » que des films « avec » ».
Sa définition pourrait nous permettre d’avancer sur le sujet : « Le documentaire est relecture, réinterprétation et subjectivité […] il se doit d’atteindre une dimension poétique et métaphorique ». Il révèle donc moins la réalité qu’une façon de la regarder, de la comprendre car chaque cinéaste y met sa sensibilité, ses connaissances du sujet, y choisit ses moyens techniques…
En quoi est-il alors différent d’un film de fiction s’il ne cherche pas l’objectivité, la relation d’une expérience, la représentation du monde ?
Avant de commencer le tournage, le réalisateur se doit de trouver un financement, des producteurs, donc de présenter un scénario, même s’il reprend sa liberté au tournage et au montage, comme nous le disait N. Philibert lors de sa récente rencontre avec le public des Studio. Cette première étape est identique quel que soit le film.
Dans le n°75/76 édité par Images documentaires pour les 20 ans de la revue, Jacqueline Aubenas précise : « Le réel se rencontre, se pense mais ne s’improvise pas […] il faut repérer, documenter, connaître le terrain, choisir son équipe, mettre en scène mais savoir saisir le miracle d’un inattendu puis monter, devenir sculpteur de récit ». Le travail du réalisateur est donc sensiblement la même pour tous les films. Et Caroline Zéan, dans cette même revue conclut : « Un documentaire doit-il être objectif ? Le peut-il ? » Jean-Louis Comolli tente une réponse : « En dernière analyse, c’est au spectateur de décider ce en quoi il veut croire ou non ».
Le cinéma documentaire a d’abord été diffusé à la télévision mais cette dernière contraint les cinéastes à la modestie des revenus. Si certains documentaires peuvent rencontrer un succès mondial (Fahrenheit 9/11 de Michaël Moore – Palme d’or au Festival de Cannes 2004), beaucoup ont des difficultés à être montrés.
La diffusion en salles n’est le lot que de très peu de films documentaires. Ils sont souvent le fruit d’un travail de cinéastes bénéficiant de peu de moyens et dépendant d’aides financières pour arriver dans les salles, ils ont besoin d’un distributeur qui fera la promotion et le placement. Le réalisateur ou le producteur vont dans les festivals pour les faire connaître et rencontrer la critique. Il semblerait néanmoins que la diffusion en salles soit plus courante ces dernières années puisque entre 2000 et 2010 le nombre de sorties de documentaires en salles a été multiplié par 2 mais le nombre de copies reste faible.
D’après Gérard Mordillat (plus de 25 films à son actif, fictions et documentaires) : « le cinéma documentaire vit le paradoxe d’être à la fois le cinéma sans doute le plus créatif sur le plan formel et économiquement le plus pauvre ».
Ainsi peut-on espérer avec Thierry Garel que s’il est « né documentaire, le cinéma a été tout au long du 20ème siècle monopolisé par la fiction, ses récits, ses univers imaginaires […] Il semble que le cinéma soit en train de redécouvrir son horizon initial et sa magie primitive : l’échange et le partage d’expériences par l’image entre les hommes ».

Rappelons que la bibliothèque a choisi, par son partenariat avec Sans Canal Fixe, de vous proposer depuis plusieurs années la projection gratuite de films documentaires atypiques, injustement méconnus.
Cette année le thème de la saison est : Fake You !
La prochaine projection aura lieu dimanche 14 octobre à 11h avec le film : Incident au Loch Ness de Zak Penn.

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