rencontre avec Tangui Perron du 08/02/2019 : compte rendu

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21 février 2019 par biblistudio

Dans le livre L’Écran rouge – syndicalisme et cinéma de Gabin à Belmondo (disponible à la bibliothèque) qu’il est venu nous présenter début février, Tangui Perron fait revivre une des périodes les plus fécondes du cinéma français : 1936 -1958. Les évènements de ces deux décennies vont marquer d’une empreinte profonde le cinéma en France jusqu’à nos jours.
T. Perron dépeint la lutte pour l’amélioration des conditions de travail des nombreux personnels techniques du cinéma avec la constitution modeste et difficile au début du syndicat CGT du spectacle. L’élan du Front populaire (1936) donne une force inédite au syndicalisme et aux conquêtes sociales, par exemple la création des conventions collectives.
En nous montrant des extraits de films tournés à cette époque, T. Perron nous apprend que les syndicalistes de la CGT du cinéma non seulement luttent dans leur profession mais participent à des tournages sur les lieux des batailles ouvrières (ex : Renault) et nous laissent des témoignages émouvants de moments d’enthousiasme dans les occupations d’usines respectant l’outil de travail et autres manifestations populaires non violentes.
Les fédérations syndicales CGT des cheminots, du bâtiment et de la métallurgie deviennent les producteurs de films où les ouvriers tiennent les rôles principaux. De grands réalisateurs, tel Jean Renoir avec « La Marseillaise » en 1938, tournent des films « pour le peuple et par le peuple ». Au moment de la guerre d’Espagne puis de la Seconde Guerre mondiale, la fédération CGT du spectacle va être le lieu d’affrontements politiques (clivage entre communistes et non communistes) mais à la Libération, le syndicat tout entier se met au service de la reconstruction.
Les compromis et les difficultés du quotidien exaspèrent la population laborieuse. Les luttes syndicales dans la profession du cinéma vont avoir pour but d’exiger de l’État une politique qui défend le cinéma français pour résister à la puissance industrielle d’Hollywood.
C’est l’époque (1946) du premier Festival de Cannes (dont la CGT est toujours membre du Conseil d’administration), de la création des ciné-clubs d’entreprises, du développement de l’école de cinéma l’IDHEC, ancêtre de la Fémis, « pépinière rouge » de talents où « il ne s’agit plus seulement de former des techniciens mais aussi d’élaborer un discours théorique sur le cinéma ») et de l’éducation populaire.
Pendant toute cette période, de grands acteurs (Gérard Philipe, Jean Gabin, Michel Piccoli, Jean-Paul Belmondo…) vont s’engager dans la lutte sociale dans leur vie et dans leurs rôles au cinéma et nous laisser ainsi des images du monde du travail.
Grâce à l’engagement et la mobilisation des professionnels du cinéma et des syndicalistes, les lois promulguées de 1948 à 1953 vont poser les fondements d’un modèle politique indissociable de celui imaginé par la Résistance telle que la « loi d’aide » – améliorée plus tard, qui entendait soustraire l’art et la culture aux forces de l’argent.
Et T. Perron de conclure : « La survie et le développement du cinéma français sont le fruit d’une politique publique quasi unique au monde, elle-même héritière de mobilisations populaires et professionnelles, syndicales et politiques ».

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