l’affiche du mois : Les Plages d’Agnès

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25 juin 2019 par biblistudio

Entre le souvenir nostalgique de la disparition récente d’Agnès Varda et la période estivale qui conduira nombreux d’entre nous vers la mer, cette affiche est doublement appropriée.
Les Plages d’Agnès est un film rétrospectif, sorti sur nos écrans en 2008. C’est un autoportrait sous forme de documentaire dans lequel Agnès Varda se met en scène sur les plages de son enfance. Elle entrecoupe ces images d’extraits de ses films, de ses documentaires qui ont jalonné sa carrière. C’est Christophe Vallaux, scénographe, décorateur de théâtre et d’opéra qui a réalisé l’affiche.
Sur cette illustration, on la retrouve juchée sur une chaise haute. Le dessin est à la limite du burlesque, tant la disproportion entre la taille de la chaise et celle de la réalisatrice est grande. Au premier coup d’œil, l’ensemble pourrait faire penser à une chaise d’enfant, du haut de laquelle ses pieds se balanceraient dans le vide. En y regardant de plus près, elle est plutôt un mélange entre la chaise d’un surveillant de plages et une chaise de cinéma, comme celles où l’on retrouve les cinéastes et les acteurs sur les tournages de films. C’est d’ailleurs le nom Varda inscrit sur le dossier qui fait le lien, sans ambiguïté avec le cinéma. Que ce soit l’une ou l’autre des fonctions, on est dans une situation de surveillance : le plagiste qui scrute le sable et l’eau à l’affût d’un baigneur en détresse et le cinéaste qui observe le déroulé d’une scène de film. Dans le cas présent, du haut de sa chaise, Agnès Varda regarde au loin, vers l’horizon du début de sa carrière.
C’est notre connaissance du film qui oriente notre interprétation. Car quelqu’un qui n’en connaîtrait pas le sujet ne pourrait pas le deviner à la lecture de ce dessin. Le choix graphique de l’affiche des Plages d’Agnès est naïf, que ce soit dans le choix des teintes de rose et de bleu pâle ou dans le graphisme des différents éléments de la composition. Le crabe, les oiseaux dans le ciel, l’étoile de mer pourraient être des dessins enfantins qui sont raccord avec la représentation de la réalisatrice. Le titre, comme écrit à la main, accompagne harmonieusement l’effet graphique de l’affiche.
Le petit personnage est une caricature d’Agnès Varda. On retrouve sa silhouette, sa petite taille, sa coiffure à nulle autre pareille (à cette époque, elle n’est pas encore bicolore), ses lunettes posées sur son crâne et ses boucles d’oreilles qu’on pourrait ne pas remarquer. La position du corps – ses mains jointes posées sur ses genoux et son dos légèrement voûté – indique que la cinéaste est plutôt passive sur sa chaise, comme si elle regardait le parcours cinématographique de sa vie qui lui échappe. Christophe Vallaux a, depuis lors, réutilisé ce petit personnage à la demande d’Agnès Varda, pour la réalisation de l’affiche de la 275ème édition de la Saint Louis à Sète en 2017, puis une dernière fois pour orner des badges qu’il a réalisés à l’occasion de la cérémonie-hommage rendu à l’artiste à la Cinémathèque.

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