fonds documentaire – Le cinéma : une histoire de bruit et de fureur

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26 juin 2019 par biblistudio

Le cinéma existe depuis plus d’un siècle mais nous ne débuterons pas cette petite chronique le 28 décembre 1895 car le temps et l’espace nous sont comptés. Précisons seulement comme le fait JL Leutrat que « le cinéma n’est pas apparu n’importe où, n’importe quand, et par la grâce de n’importe qui, mais d’Edison (USA) et des Frères Lumière (France), tout de même des industriels du monde occidental ».
Muet puis parlant (1929), le cinéma aura été l’art du 20ème siècle par excellence, son expression, son témoin et son complice. Il a servi la propagande de l’Allemagne nazie, de l’URSS et des USA. Si le cinéma est un art, c’est aussi une industrie (à l’instar de l’industrie automobile) dont Hollywood fut le modèle : production en série dans de grandes compagnies les « Majors », lutte commerciale pour la diffusion et l’exploitation des films aux USA et en Europe. C’est « l’usine à rêves » avec ses genres qui racontent la construction des USA (western, film noir), ses grands spectacles (comédies musicales)…
Depuis 1895, pas une année sans production de films français.
• 1936 : 116 films
• 1947 : 145 films américains sont projetés en France et 72 films français sont produits.
En Europe après la Seconde Guerre mondiale, un renouveau important se produit : le néo-réalisme ressuscite le cinéma italien, le festival de Cannes est créé en 1946, la Nouvelle vague en France apporte un souffle neuf, même le cinéma américain se régénère avec le « nouvel Hollywood » qui, influencé par les mouvements européens, s’inscrit dans la contre-culture.
Un cinéma « moderne » avec des formes plus contemporaines s’exprime aujourd’hui par la résistance à la production dominante pour la survie d’un cinéma d’auteur dans lequel compte d’abord l’écriture (cinéma d’Art et Essai).
Même s’il n’y a pas de progrès en art, il est inévitable d’utiliser les qualificatifs : primitif, classique ou moderne mais le plus moderne n’est pas nécessairement le plus récent. L’histoire du cinéma n’est ni évolutive ni chronologique, le cinéma est plus que tout autre l’art des mélanges.

La mort du cinéma a été annoncée à plusieurs reprises :
– 90 % des films des 20 premières années ont disparu (destruction volontaire de films faisant « vieux », ou involontaire du fait de la courte durée de conservation de la pellicule).
– Une deuxième vague de destruction a lieu au passage du muet au parlant.
– Le changement de pellicule (du nitrate à l’acétate) dans les années 50 a condamné les films plus anciens.
– L’apparition de la télévision dans les années 60 a concurrencé fortement le cinéma.
– Quelles conséquences auront les nouvelles technologies : DVD, streaming sur Netflix ou d’autres plates-formes ?
« Avec […] les continuels progrès de l’image, l’expérience de la salle de cinéma a encore de beaux jours devant elle » écrit B. Denusseau dans les Inrocks en 11.2014, proposant aux spectateurs une pratique impossible à reconstituer chez soi devant des films téléchargés ».
Les chiffres semblent lui donner raison :
– Nombre de films vu par an et par personne :
1950 : 8,9   1995 : 2,3   2015 : 3,1
– Nombre d’entrées par an :
• en 1925 : 110 millions
• en 1947 : 423 millions, distribution de 375 films dont 43.5 % de films français
• en 1992 : 121 millions, distribution de 326 films dont 35 % de films français
• en 2017 : 209 millions, distribution de 693 films dont 37.4 % de films français

En 2018, dans une tribune co-signée publiée sur le site de la Société civile des auteurs, réalisateurs et producteurs (L’ARP), plus de 160 réalisateurs européens lancent un appel sur les dangers qui menacent l’avenir du cinéma européen et se mobilisent pour une fiscalité équitable et pour le respect des droits d’auteur.
Destiné au départ à un public populaire (adaptation de spectacles de cirque, de cabaret, de pièces de vaudeville, le cinéma contemporain reste fortement influencé par Hollywood et son modèle d’un cinéma de divertissement international imité à l’étranger, sauf peut-être en Inde où 90 % des entrées se font sur des films nationaux. En 2004 les dix premiers films du box-office mondial sont tous américains. Néanmoins la France reste en Europe le pays le plus cinéphile : près de 1700 communes sont dotées d’au moins une salle de cinéma. Le pays reste aussi le premier marché européen en termes de recettes en salle, avec 1,38 milliard d’euros en 2017.

Laissons à Serge Daney, célèbre critique des Cahiers du Cinéma, cette parole d’espoir : « Le cinéma est la somme de tous les grands films qui ont été faits, plus un (celui qui va venir) ».

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