Les genres du cinéma

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10 juillet 2019 par biblistudio

C’est quel genre ce film ? C’est la question que l’on se pose souvent à la lecture d’un résumé ou d’une critique. Mais c’est quoi un genre, une classification certes mais de quoi ?
– du type de scénario (science-fiction, aventures, drame…)
– du style, de l’époque (burlesque, muet, comédie musicale…)
– du mode de financement (société ou production indépendante…)
Pour répondre à cette question on peut consulter des dictionnaires, des encyclopédies, mais à les feuilleter on en vient à se dire que les genres du cinéma ne sont pas uniquement les genres des films. Ne vaudrait-il pas mieux concilier l’approche « textuelle » (l’oeuvre réalisée) et l’approche « contextuelle » c’est-à-dire historique (où, quand, comment un film a-t-il été tourné et produit). Les genres s’appuient aussi sur des théories de cinéma : néo-réalisme, expressionisme allemand, Nouvelle Vague, Dogme95, cinéma novo…

Quand nous attribuons un genre à un film, nous lui donnons une identité plus vaste en l’intégrant à une expérience de cinéma et à la fois l’excluons d’autres catégories. Un exemple : Le Grand bain (de Gilles Lellouche – 2018) est une « comédie dramatique » mais c’est également un « feel good movie », un film de copains, un film choral, un film sportif…

Alors est-ce bien raisonnable de consacrer un article au(x) genre(s) du cinéma ?
Nous dirons simplement que les différentes classifications du cinéma en genres montrent une grande diversité quant à leur définition, leur contenu, leur usage : l’Officiel des spectacles distingue 15 genres, Pariscope 22, Allociné 38 ! Les appellations identiques que l’on retrouve chez ces différents prescripteurs proviennent non seulement de l’évidence du genre du film qu’elles désignent mais illustrent un consensus plus global, typique d’un temps, d’une culture, d’une société.
Il n’y a donc pas de typologie universelle des genres car ils sont souvent hybrides : Rio Bravo (Howard Hawks – 1959) western et historique, Le Bal des vampires (Roman Polanski – 1967) comédie et fantastique, Moi, Daniel Blake (Ken Loach – 2016) drame et société. Comment qualifier Au revoir là-haut (Albert Dupontel – 2017) classé « comédie dramatique » alors qu’il présente tellement d’aspects différents : comédie, histoire, poésie, émotion, aventures…
Les genres ne sont pas, dans la réalité concrète des films, des catégories étanches et la dénomination d’un genre unique est réductrice, elle permet certes d’identifier un film mais peut en détourner un public potentiel.
Ainsi Une affaire de famille (Hirokazu Kore-eda – 2018) est une fable sociale, une chronique humaniste et exotique. C’est le film préféré des Studiophiles pour 2018 et pourtant le qualificatif « drame » qui lui est réservé aurait pu l’empêcher de trouver un public qui vient au cinéma surtout pour se distraire.
Mais alors à quoi cette classification peut-elle bien servir ?
Le genre n’existe que s’il est reconnu par une communauté, un public et il tend à garantir une production industrielle destinée à en diminuer les risques : succès des films d’horreur, production en série de films (Taxi 1, 2, 3…). On parle alors carrément de « films de genre ».
« Le genre est un des accès possible au film mais il existe d’autres passeurs : l’auteur, les stars, le type de salle qui peuvent jouer le rôle de médiateur entre le film et son public » déclare R. Moine. Les genres sont donc à la fois des ensembles de films et des appellations produites et utilisées à tous les niveaux de la production cinématographique pour les faire circuler. Mais ce ne sont pas des ensembles clos, déterminés.
Pour ceux qui souhaiteraient entrer dans le détail et l’explication historique des genres, la lecture du livre de Raphaëlle Moine Les Genres du cinéma (disponible à la bibliothèque) est on ne peut plus éclairante.
Laissons-lui le mot de la fin : Ce sont des « lieux cinématographiques, des cadres de vie et de références […] les genres ne sont « vivants » pour une communauté que dans l’exacte mesure où celle-ci s’y retrouve et y voit médiatisées ses relations aux autres et au monde ».

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