Les Moissons du ciel

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12 janvier 2020 par biblistudio

Film de Terrence Malick| Américain | 1979
Durée : 1h34
Avec : Richard Gere, Brooke Adams, Sam Shepard, Linda Manz

Alors qu’Une vie cachée, le dernier film de Terrence Malick passait sur nos écrans en décembre, voyageons dans le dossier de presse des Moissons du ciel, son deuxième long métrage sorti en France en 1979, que les Studio diffusent le 20 janvier prochain.

1916, Bill, après s’être bagarré avec son contremaître, quitte la fonderie dans laquelle il est ouvrier. Accompagné de sa petite amie Abby et de sa sœur Linda il fuit vers le Texas pour y faire les moissons. Le fermier de la maison qui les emploie tombe sous le charme d’Abby, que Bill a fait passer pour sa sœur. Espérant la mort prochaine de ce dernier qu’il sait malade, Bill pousse Abby à céder à ses avances, voyant enfin l’opportunité de sortir de la misère.

La presse est unanime
Les journalistes, qu’ils écrivent dans la presse spécialisée ou dans un quotidien, s’entendent sur le fait que ce film est un joyau esthétique et que les grandes plaines du Texas sont un écrin merveilleusement mis en valeur par Nestor Almendros, directeur de la photo, qui reçoit un Oscar pour son travail sur ce long métrage. Le tournage en extérieur avec des lumières naturelles est une prouesse largement plébiscitée. « Nestor Almendros […] a fait mieux que de la belle photo. Il a dépassé l’esthétisme pour atteindre l’émotion suscitée par une magnifique ambiance qui amplifie et prolonge l’action dans les scènes d’amour, par exemple, ou au contraire, qui contraste avec le drame joué sous nos yeux » écrit Robert Chazal [1]. La qualité des images va même jusqu’à susciter un enthousiasme que ne soulève pas le jeu des acteurs. La nature est plus qu’une toile de fond ou un décor, c’est presque un personnage à part entière qui a son propre rôle, qui vient jeter le trouble à coup d’intempéries ou de catastrophes naturelles. « Il y a certes un sujet, des personnages, le « je » du cinéaste, mais jamais ils ne prennent un poids particulier, privilégié, par rapport aux paysages considérés, nous l’avons vu, comme source de sublime. » souligne Jonathan Farren [2]. Mêmes sentiments pour Henri Béhar « Il (T. Malick) les (les acteurs) tient à une certaine distance, en faisant des éléments du paysage au même titre qu’une ferme, un épi de blé, un tracteur, tout en leur accordant identité pleine et entière, laissant leurs zones d’ombre. » [3].
La presse s’accorde aussi sur le fait que sans cette nature grandiloquente, l’intrigue seule ne tiendrait pas, l’histoire du trio amoureux qui tourne mal, ayant déjà été maintes fois explorée au cinéma. « L’intrigue elle-même compte moins, ici, que l’atmosphère. Qui, elle, est bouleversante. » écrit à ce sujet Annie Coppermann [4].

La nature : n°1 du casting
La mise en valeur des paysages prend tant de place dans le film que certains journalistes de la presse quotidienne en oublient de faire référence aux acteurs, bien moins souvent en tout cas qu’au directeur de la photo, qu’aux sauterelles, aux oies ou aux épis de blé. Les ciels plombés sont décrits plus souvent que le jeu de Richard Gere, qui en est encore au début de sa carrière. La seule finalement qui sort du lot est Linda Manz, la jeune actrice qui interprète Linda, la sœur de Bill. Son rôle de petite citadine gouailleuse perdue au milieu des champs qui commente de son franc-parler les mésaventures de son frère, retient l’attention.
À la lecture de nombreux articles, c’est comme si tout ce qui était important dans ce long métrage était extérieur à l’histoire et que cette dernière n’en était que le support nécessaire : la nature omniprésente et la voix off de la petite Linda, spectatrice de cette histoire.
Le temps qui passe donne souvent une lecture différente d’un film. Soit il le magnifie, soit il en minimise les qualités. Dans le cas des Moissons du ciel, il n’en est rien et les articles récents soulignent les mêmes qualités au film : « Au cœur de cette nature magnifiée, une histoire simple, qu’on a le sentiment de connaître d’entrée de jeu (deux hommes, une femme, un menu calcul qui se retourne contre ses inventeurs), et qui pourtant conserve son souffle tout le long du film. » peut-on lire sur le site d’Avoir-alire.com, en juillet 2019 [5].

[1] France soir du 17/05/79
[2] Cinéma n°246 – juin 79
[3] Image et son n°339 – mai 79
[4] Les Échos du 18/05/79
[5] Avoir-alire 07/19

En salle, lundi 20 janvier – 19h30
Séance proposée par la Cinémathèque

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